Essais R.G.R.
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Principe des presses R.G.R.

Une presse Rotative Grand Rendement (R.G.R.) est une presse Taille-Douce 4 couleurs qui utilise le même principe de séchage et de repérage que les presses Taille-Douce 6 couleurs (TD6).

La presse RGR-1 (Rotative Grand Rendement n°1), dénommée par son constructeur « Roto Color Stamp », a été commandée en 1970 à la firme allemande Koenig & Bauer AG et a été livrée en 1973 à Périgueux. Cette presse imprime à chaque tour de cylindre quatre doubles-feuilles de 100 timbres (soit 800 timbres) avec des marges blanches pour les séparer. Notons qu’ici le cylindre, appelé virole, est monobloc en acier recouvert de 0,4 mm de cuivre pur déposé électro-chimiquement.

Voici le schéma simplifié de la presse RGR-1 :
 

schéma simplifié d’une presse RGR

 

La presse RGR-1 est équipée :

  • d’une double bobine de papier permettant un changement rapide de bobine à vitesse réduite sans arrêt de la machine. Un "magasin papier" composé de rouleaux en acier positionné en aval des bobines de papier permet d’assurer la continuité de l’approvisionnement en papier pendant les raccordements d’une bobine à l’autre ;
  • d’un élément taille-douce, avec un cylindre cliché dont le développement atteint 1.147 m (correspondant à la hauteur de quatre feuilles) et dont la largeur est celle de deux feuilles et un essuyeur du cliché en matière plastique utilisant une solution alcaline ;
  • d’un système de séchage infrarouge ;
  • d’un élément flexographique pour l’impression des barres phosphorescentes (la flexographie est un procédé d’impression proche de la typographie, qui utilise une forme imprimante souple en relief, le cliché, en caoutchouc au début, puis en photo-polymère à partir des années 1970) ;
  • d’un système rotatif de perforation de type ORMAG. Ce système est constitué de deux cylindres de même développement et de même largeur que le cylindre cliché, c’est-à-dire 4 feuilles au tour et 2 en largeur, dont l’un était pourvu de 27192 aiguilles et l’autre d’autant de trous correspondants. Le cylindre mâle s’engrène dans le cylindre femelle et la bande de papier, en passant entre les deux cylindres, est perforée, ce qui provoque le piquage des timbres.
     
    détail des aiguilles d’un perforateur ORMAG (Source : Copyright ITVF)

     

Pour faciliter la correspondance poinçons/trous, 2 à 4 poinçons et 2 à 4 trous supplémentaires étaient mis en place ;

  • de dispositifs de repérage commandés par cellules photoélectriques.

Impression des feuilles RGR

La presse RGR imprime du haut vers le bas, à raison de 4 double-feuilles (appelées feuilles jumelles) par tour de virole. Les feuilles de gauche sont nommées nappe 1 et celles de droite nappe 2. Les feuilles sont numérotées de 00001 à 00000 (=100 000). Les feuilles jumelles portent le même numéro comptable, suivi du chiffre 1 pour la feuille de gauche et du chiffre 2 pour la feuille de droite.

Un seul RE par virole est imprimé. Pour les essais du 0,50F Marianne de Béquet, il se situe après le 10ème timbre d’une feuille de nappe 1 (à la fréquence d’une feuille sur quatre donc). Dès le début de la production commerciale, le RE se situera dans la marge gauche à hauteur du 1er timbre d’une feuille sur quatre ayant l’indice 2.

Voici le schéma d’impression de feuilles sur une presse RGR :
 

schéma d’impression de feuilles sur une presse RGR

 

Une feuille RGR a 285 mm de haut et 232 mm de large. Les marges latérales sont blanches et non dentelées, les marges hautes et basses blanches et dentelées verticalement. Le numéro comptable est situé sous les cases 92, 93 et 94, l’indicatif de presse RGR-1 sous la case 96 et la date sous les cases 99-100.

Essais RGR du 0,50F Marianne de Béquet

Avant de pouvoir produire des timbres commercialisables à l’aide de la presse RGR-1, de nombreux essais furent nécessaires. A ce jour, on ne connaît que des essais portant sur la Marianne de Béquet à 0,50F :

des essais imprimés à sec

dentelés
  • le 26.02.74
     
    bas de feuille dentelé d’un essai non encré sur RGR

     

non dentelés
  • du 25 au 27.02.74.

Voici un bas de feuille issu d’un de ces tirages ; on peut noter qu’il s’agit d’une feuille de nappe 1 et que que la date du jour de tirage n’est pas visible.
 

bas de feuille dentelé d’un essai non encré sur RGR

 

des essais encrés sans barre phosphorescente

  • les 26 et 27.02.74

Les tirages connus sont essentiellement non dentelés ; on connaît cependant une double feuille imprimée couleur et dentelée à la date du 27.02.74.
 

demi-feuille d’un essai RGR encré et non dentelé

 

On peut voir que les inscriptions de service sont imprimées sur les timbres et que les trois inscriptions ne sont pas alignées.

des essais avec uniquement l’impression des barres phosphorescentes

  • le 11.3.74 ;

des essais encrés non dentelés avec 3 barres phosphorescentes au type A

  • le 18.03.74.

On ne connaît que trois double feuilles non massicotées de tels essais, dont celle qui apparaît ci-dessous :
 

double feuille d’essai RGR encrée et avec barres phosphorescentes

 

Voici une partie de la double feuille ci-dessus examinée sous rayonnement U.V. :
 

photo sous UV de la double feuille précédente

 

Cette double feuille montre une absence de synchronisation entre l’impression des timbres et celle des barres, ce qui produit des timbres avec 2 ou 3 barres et un décalage vertical des barres phosphorescentes.

Si on considère un zoom sur une partie de la double feuille sous U.V., on s’aperçoit que les barres sont baveuses et inhomogènes :
 

agrandisement de la photo sous UV de la double feuille d’essai RGR

 

Ces défauts s’accentueront au cours du tirage (cf. la feuille montrée page 60 du livre « La Marianne de Béquet, témoin de son temps » de J. RENARD), car il y a incompatibilité entre l’encre des timbres et celle des barres phosphorescentes. Ceci rendra les feuilles imprimées inutilisables.

On peut aussi remarquer que sur les feuilles d’essai connues, toutes les feuilles de la nappe 2 sont numérotées, mais que seulement une feuille sur deux de la nappe 1 l’est : les feuilles de rang impair n’ont pas de numéro. Or la numérotation sert à comptabiliser les feuilles. Du fait de l’absence de numérotation, il faudrait jeter soit une feuille sur deux de la nappe 1, soit toutes les feuilles de la nappe 1 (et ce manuellement), ce qui serait trop coûteux.

Les deux problèmes signalés ci-dessus n’ayant pas été résolus avant la date de changement de tarif du 16.09.74, aucune feuille du 0,50F Marianne de Béquet imprimée sur la RGR-1 ne sera commercialisée. Le 1er tirage commercialisé sera celui du 0,80F Marianne de Béquet rouge du 25.07.75, avec des barres phosphorescentes au type C.

La principale difficulté d’impression sur la presse R.G.R. était la surimpression des encres phosphorescentes sur l’image du timbre. Ceci conduira à une modification du format de l’effigie des Marianne, qui passera de 17 mm de large à 15 mm pour permettre l’impression des barres phosphorescentes directement sur le papier du timbre, modification qui deviendra opérationnelle avec la Sabine de Gandon.
 


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